Aux corps qui se soulèvent, à nos coeurs qui se tiennent. A la vie. Je n'ai au bouts des doigts que des fragments de toi, je casse ce que je touche et salit ce que j'écris. Mais tu restes posé là. Aux sanglots qui me serrent la gorge, à tes rires qui brisent les silences. A Nous. J'essaie à chaque fois et en vain de faire danser les mots jusqu'à toi, les faire s'exploser. Je capte l'émotion mais je ne sais rien retranscrire. Tu comprends l'essentiel. L'Essentiel. Mes sens en vrac et mes émois, tu les laisse se nicher. Entre tes deux poings fermés, et mon Amour. Tu m'affoles, tu me déboussoles, tu me boulverses. Tu m'animes et m'émeuts. Tu es mon cri, mon air et mon espoir. Deux ans, tu sais t'infiltrer au plus profond de moi, tu sais remuer les douleurs pour mieux les laisser s'envoler, enrober mon coeur. Mon tout petit coeur froid. Embrasser mes plaies sans les faire se creuser. Tu es la vie. Tu es la musique et le temps arrêté dans sa course, tu es l'évidence, tu es mon esprit et mes palpitations, mon estomac rongé par le vide. Et mon ventre arraché par le plein, quand les jours se font gris et tirent vers le noir. Trois petits pas, la pointe des pieds écorchée et souillée. Ton ombre entre les draps qui ne peut qu'arracher les larmes, mais plus de place pour les sanglots, pour ce qui ronge et taille chaque jour en pointe un peu plus douloureuse. La vie sur toi, entre en moi et sous toi. Niché, enrobé, collé à toi. Ma peau contre tes seins. Cette vie là est trop enhivrante et pleine d'émoi pour que je la perde, ne serait-ce que quelques secondes, en me recroquevillant. Je t'écris et je me perd pour ne pas toucher du doigt le contraire. Jamais sans toi, nos coeurs à corps. Ton rire comme tatoué sur ma peau. Tes yeux qui rient en permanence. Laisse moi te plaire. Laisse moi te donner. Les heures passées à se chercher l'un l'autre, mes tremblements tout contre toi, rien n'efface et rien ne passe, il parait que tout se grâve automatiquement. Je voudrais te dire sans paraitre niaise ou ridicule que tu as tout changé, tu as tout envoyé en l'air et que tu as boulversé ma vie. Alors seulement, pour faire dans la simplicité, pour faire dans le déjà lu parce que les mots n'iront jamais aussi loin que je le voudrais. Au temps qu'on sait suspendre, au manque en explosions, là au fond de la gorge. Et je vois maintenant la différence entre ta musique et mes mots. Tes notes coupent la voix, font s'écrouler les jambes et cisaillent le coeur. Mes mots sont limités et ne savent cogner qu'à moitié. Mais l'essentiel, entend le et comprend. Regarde moi, tout au fond, et sâche que je n'ai plus la force de continuer, je dois lâcher ce qui me tient en vie mais sache que je n'oublirais pas..
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